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Le dragon du Muveran

Marc Voltenauer, déjà qualifié de Page Turner, nous offre un thriller palpitant en diable, bien ficelé, et surtout, ce qui constitue un tour de force, nous embarque dans un suspense qu’il a su maintenir jusqu’au bout des 660 pages.

Un polar d’un auteur Helvético-suédois, Marc Voltenauer.

Le Dragon du Muveran, premier roman de Marc Voltenauer, est une brique de 642 g (pesé sur ma balance de cuisine ! ) à la couverture épurée. Il est paru en 2017 aux   Editions Plaisir de Lire pour la Suisse, et chez Slatkine & Compagnie pour la France.

Le village de Gryon  dans les Alpes vaudoises, est en émoi : dans le temple gît un cadavre, nu, allongé sur la table sainte, les bras écartés à l’image du Christ crucifié, les orbites vides et ensanglantées. A l’extrémité du couteau qui lui a transpercé le coeur, un message :  » Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres. »

Je n’avais pas lu d’auteur Suisse depuis Dicker. Sur la recommandation d’une amie, j’emporte Le dragon du Muveran dans ma valise à mon retour du pays des banques et du chocolat. C’est qu’il aime voyager le bougre, voir le Salève au décollage de Genève Cointrin, puis voir la mer, le dragon en est tout émoustillé !.. Marc Voltenauer, déjà qualifié de Page Turner, nous offre un thriller palpitant en diable, bien ficelé, et surtout, ce qui constitue un tour de force, nous embarque dans un suspense qu’il a su maintenir jusqu’au bout des 660 pages. Une gageure. Sa lecture est plaisante, l’écriture est fluide et sans fioritures. Efficace. L’histoire se déroule sur 18 jours, dans un paisible village Suisse de montagne, mais aussi sur une quarantaine d’années, puisque l’auteur utilise deux fils narratifs combinés, de manière à ménager le suspense, et ça marche. Les trames à deux ou plusieurs fils narratifs sont très à la mode, et pas seulement en littérature puisqu’elles sont très utilisées dans les séries TV et les romans pour ados. Cette façon de faire séduit beaucoup de lecteurs dont je fais partie. Je ne vous ferai pas de résumé, je ne veux rien dévoiler afin de vous garder intact tout le plaisir de la lecture. J’ai goûté au passage les quelques digressions épicuriennes semées au cours du récit, sans doute destinées à la fois à désarmorcer la tension ambiante, mais aussi à mettre le lecteur dans un état d’attente fébrile !

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Nous suivons l’enquête pas à pas en même temps qu’ Andréas Auer l’inspecteur de police, grand épicurien devant l’éternel, et fasciné par la psyché des criminels. Nous recevons les indices en même temps que lui, ce qui m’a valu d’avoir cru tenir le meurtrier plusieurs fois, pour changer d’avis quelques pages plus loin ! En cela, ça m’a rappelé « La vérité sur l’affaireHarry Québert » de Joël Dicker. Le meurtrier et l’inspecteur de police sont les personnages les mieux incarnés par l’auteur. Dans le récit, le personnage de l’inspecteur Auer est saillant, équilibré, et suscite beaucoup d intérêt.  Un personnage idéal pour la première d’une suite d’enquêtes . Quand au tueur,  Marc Voltenauer  a même réussi à me faire éprouver un chouia d’empathie à son égard. Son esprit aussi aiguisé que toxique se mesure ici à l’intuition et l’aptitude du policier à se glisser dans la peau du tueur afin de raisonner comme lui. L’ histoire du meurtrier montre ici que des circonstances tout à fait banales de la vie quand elles sont prises séparément, peuvent avoir une fois réunies, une influence vertigineuse et funeste sur le destin d’un homme. Face aux deux principaux protagonistes, les personnages secondaires manquent un peu de corps à mon sens. Ils ne sont pas tout à fait à la hauteur de ce thriller brillant qui nous laisse entrevoir de savoureuses suites.

En dépit du caractère sanglant des meurtres je n’ai pas vraiment ressenti la peur, l’effroi, dans le coeur des villageois. Le médecin légiste lui, semble tout droit sorti d’une série US, l’auteur serait-il sériephage comme je le suis ?! Par contre, j’ai apprécié les détails concernant la médecine légale, c’est un peu gore certes, mais que voulez-vous j’aime apprendre ! A signaler que ces passages sont très bien documentés car l’auteur a eu la bonne idée de consulter le Directeur du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale.

En conclusion, une lecture passionnante, une intrigue prenante façon polar nordique, le tout dans le somptueux décor des Alpes vaudoises . J’ai pris un grand plaisir à cette lecture. Un auteur à suivre ! Le Dragon du Muveran, à mettre dans votre sac de plage !

L’auteur :

Biographie

Marc Voltenauer est né en 1973 à Genève, et a vécu à Versoix, au bord du Léman, les vingt premières années de sa vie. Enfant, il est partagé entre sa passion pour le foot et son attrait pour une carrière de pasteur, peut-être pour suivre les traces de son grand-père, évêque au sein de l’église luthérienne de Suède. Après des études de Théologie à l’Université de Genève, Marc Voltenauer s’engage comme Secrétaire général des Unions Chrétiennes de Genève et opte ensuite pour un poste dans les ressources humaines au sein d’une banque. C’est suite à un voyage autour du monde qu’il décide de se mettre à l’écriture, et trouve à son retour son inspiration dans le pittoresque village montagnard de Gryon. Grand amateur de films et de romans policiers, il se dirige tout naturellement vers le polar.

Un deuxième opus de Marc Voltenauer, Qui a tué Heidi ? sort le 26 août prochain, à vos libraires chers lecteurs !

Le dragon du Muveran, sortie Poche le 1er septembre chez Pocket .

Votre humble et dévouée blogueuse,

Catherine Nesi – 15 juin 2107